
La révision du mode de calcul doit permettre à ces logements constituant des résidences principales d’échapper aux étiquettes F et G sans qu’aucun chantier de rénovation ne soit entrepris.
Une nouvelle évolution réglementaire s’apprête à modifier le diagnostic de performance énergétique (DPE). Officialisé par un arrêté publié à la fin du mois d’août, le texte prévoit une modification technique du calcul à compter du 1er janvier 2027. Cette révision doit permettre à environ 300 000 logements résidences principales d’échapper aux étiquettes F et G, sortant ainsi du statut de
« passoire thermique » sans qu’aucun chantier de rénovation ne soit entrepris.
Le changement porte sur le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire, qui s’abaissera de 1,9 à 1,7. L’objectif affiché est de mieux valoriser l’électricité, une énergie largement décarbonée en France, tout en cessant de pénaliser excessivement les systèmes de chauffage électrique.
Chaque kilowattheure consommé sous forme d’électricité pèsera moins dans le bilan global. Conséquence directe : sur les 3,2 millions de passoires énergétiques recensées en France, environ 200 000 biens classés F et 100 000 biens classés G vont être reclassés vers une catégorie supérieure.
Parmi ces 300 000 habitations, près de 125 000 appartiennent au parc locatif privé. Cette mesure apporte une respiration aux propriétaires bailleurs confrontés au calendrier d’interdiction de louer des biens énergivores (interdiction appliquée à la classe G puis étendue à la classe F en 2028). Pour mettre à jour leur note DPE, les propriétaires n’auront qu’à générer gratuitement une attestation révisée sur le site de l’Ademe.
Si la mesure réjouit les bailleurs, elle suscite de fortes réserves chez les professionnels de la rénovation. Lors de la consultation publique, la majorité des avis émis s’est révélée défavorable. Les détracteurs soulignent que cette amélioration comptable n’apporte aucune réduction des consommations réelles ni de baisse des factures d’énergie pour les occupants, la performance du bâti restant inchangée.

