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Nicolas Blanc : « Encadrer l’utilisation de l’IA générative en entreprise »

Le secrétaire national CFE-CGC à la transition économique analyse les pratiques de la technologie dans les entreprises et son utilisation par les salariés et les représentants du personnel. 

De plus en plus de salariés utiliseraient « discrètement » ChatGPT pour leur travail. Qu’en pensez-vous ?

Le phénomène de « Shadow AI » (IA clandestine) désigne l’utilisation de solutions d’IA générative telles que ChatGPT ou Google Gemini sans l’approbation de l’entreprise. Par exemple l’utilisation d’une IA sur les appareils personnels du salarié pour corriger du texte, générer du contenu ou rédiger un e-mail à un client. Le Shadow AI se traduit par des risques bien réels dans la mesure où les solutions d’IA aspirent une grande quantité de données pour fonctionner. Sans contrôle ni supervision, il est possible que des données sensibles de l’entreprise soient exposées ou utilisées de manière inappropriée. Le Shadow AI peut aussi introduire des vulnérabilités dans les systèmes de l’entreprise car les solutions utilisées ne sont pas soumises aux mêmes contrôles de sécurité que celles approuvées par le service IT… La sécurité et la confidentialité de données des entreprises sont donc les deux principaux risques et il ne faut donc pas que les salariés se mettent en péril.

Comment peut-on encadrer ces pratiques ?

L’idée n’est pas de les interdire mais de les accompagner. Pour ce faire, les entreprises doivent avant tout en discuter avec les représentants du personnel afin de définir des modalités de l’utilisation par leurs salariés de ce type d’outils. Cela peut passer par la négociation d’une charte dans laquelle les salariés s’engagent à respecter les règles négociées par accord. Il faut bien sûr y associer une politique de sensibilisation et de formation des salariés pour rendre la démarche cohérente. Il est aussi essentiel de fournir une formation adéquate aux employés sur les risques liés à l’utilisation de l’IA et sur les bonnes pratiques à adopter. Cela permettra de les sensibiliser aux enjeux de sécurité et de confidentialité des données ainsi qu’aux limites et aux utilisations appropriées de l’IA générative.

Les représentants du personnel et les syndicats peuvent aussi avoir recours à l’IA générative. Quels doivent être les bons usages ? 

Bien sûr, on peut imaginer que de tels outils puissent les aider à préparer des synthèses de réunions de CSE, à rédiger des tracts syndicaux ou à négocier des accords. Là encore, la prudence est de mise. Sans chercher à les interdire, il faut cependant encadrer ces usages et rappeler les bonnes pratiques en matière de confidentialité et de sécurité des données. Les documents remis dans le cadre d’une information-consultation peuvent être confidentiels. Idem pour la négociation d’un accord.

-> Retrouvez l’interview intégrale de Nicolas Blanc par Mathieu Bahuet sur le site de la Confédération