L’expert en charge des relations avec la Confédération nommé par la direction du syndicat explique ses objectifs et sa stratégie.
Pourquoi avez-vous été nommé expert en matière de relation avec la Confédération ?
MD : Je préside la Fédération Nationale de la Construction (FNC), où j’ai été élu en 2020 et réélu en 2024, pour des mandats de quatre ans à chaque fois. La FNC est l’émanation de la CFE-CGC BTP, présidée par Vincent Bogucki, et du SNUHAB CFE-CGC (Syndicat national de l’urbanisme, de l’habitat et des administrateurs de biens), présidé par Jocelyne Sylva Mendy. Elle est l’intermédiaire entre ces deux syndicats et la Confédération.
Quels sont vos objectifs ?
Ils sont basés sur une priorité, voire une urgence : la construction est l’un des 4 piliers de la CFE-CGC (avec les services, le commerce et l’industrie) et joue à ce titre un rôle-clé dans la représentativité de cette dernière. Mais dans sa configuration actuelle, notre fédération, dont le poids dépend de celui des deux syndicats, et surtout de la CFE-CGC BTP, n’est pas assez puissante.
Le but est donc de remonter rapidement le nombre d’adhérents pour conserver nos quatre IDCC (2420, 2609, 2614 et 3212) et nous collaborons avec Bernard Montoya, l’expert de la Fédération pour le développement, qui l’est aussi pour la CFE-CGC BTP. Le syndicat doit grossir dans les sections où il est déjà puissant comme VINCI, Eiffage ou SPIE, mais aussi chez NGE, où un travail très intéressant a été fait. Je mise aussi sur Bouygues, puisque j’y suis passé dans ma carrière et j’avais réussi à y créer deux belles sections syndicales ETDE et Bouygues Offshore.
Les patrons du Bâtiment et des Travaux publics n’ont rien contre la CFE-CGC BTP, mais certains considèrent que c’est mieux d’avoir affaire à un syndicat non-catégoriel, car ils savent qu’on ne pourra pas intervenir sur les affaires du premier collège. Il faut donc leur faire comprendre qu’un syndicat catégoriel peut être intéressant pour eux, d’autant qu’il y aura de plus en plus de TAM et de cadres dans leurs entreprises. Il existe par exemple une filiale chez Eiffage ou il n’y a plus d’ouvriers ! Même dans la construction, il y a de plus en plus de gens hyper qualifiés. C’est ça l’avenir. Et c’est à nous de le faire savoir, parce que les autres centrales syndicales sont en train d’effectuer le travail pour nous piquer la place.
Qu’attendez-vous des prochains changements à la Confédérarion ?
Elle nous a un peu négligés ces dernières années et je l’ai dit à François Hommeril quand je l’ai rencontré. Mais il faut savoir qu’elle n’a ni une baguette magique, ni un réseau tentaculaire comme d’autres grosses centrales syndicales, pour résoudre tous nos problèmes. François Hommeril reconnait qu’il aurait dû faire des choses, mais qu’il considérait que la construction était vraiment un monde à part : on a beaucoup d’établissements, des multitudes de filiales et des métiers très divers, dont certains sont polyvalents. On a par exemple perdu des effectifs dans le génie électrique, parce que les gens sont partis vers la métallurgie, la FIECI,voire les transports.
J’attends beaucoup du congrès des 10 et 11 juin. Le candidat de la Banque, Frédéric Guyonnet, qui s’était rapproché de la Construction et voulait nous aider car il a de bons réseaux dans le BTP, a renoncé à sa candidature. Mais j’ai toujours eu de bonnes relations avec la Métallurgie et Fabrice Nicoud, son président. Et je vais rencontrer prochainement Christelle Thieffinne pour la troisième fois. Elle aussi a compris que la construction comptait et ce que nous voulions faire.

