Après quatre ministres en 22 mois, Valérie Létard a été reconduite au ministère du Logement. Une nomination saluée par les professionnels de l’immobilier.
Les appels des professionnels de l’immobilier réclamant le maintien de Valérie Létard, ministre démissionnaire du Logement et de la Rénovation Urbaine, dans le nouveau gouvernement de François Bayrou ont porté leurs fruits. Valérie Létard, qui avait été nommée au Logement en septembre dernier, vient d’être reconduite au ministère du Logement auprès du nouveau ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, François Rebsamen. Tout comme Juliette Méadel, est nommée ministre déléguée chargée de la Ville.
Cette élue de terrain connaît bien le secteur du logement social. Elle a précédemment siégé au conseil d’administration de l’ANRU (Agence nationale du renouvellement urbain) et à l’ANAH (Agence nationale de l’amélioration de l’habitat). Dans un décret du 8 janvier relatif à ses attributions, il est précisé que Valérie Létard garde le pilotage de la Rénovation urbaine (en associant la ministre chargée de la Ville) et la tutelle de l’ANRU en plus des questions de logement, de construction, d’urbanisme, d’aménagement foncier, et d’hébergement d’urgence.
La filière de l’immobilier a reconnu plusieurs mérites à Valérie Létard, notamment l’élargissement du dispositif de Prêt à taux zéro (PTZ) pour l’accession à la propriété des ménages modestes, la défiscalisation des donations des parents ou grands-parents à leurs enfants ou petits-enfants afin de les aider à acquérir un logement neuf, le plafonnement de la Réduction de loyer de solidarité (RLS) auprès des bailleurs sociaux. Des mesures qu’elle est souvent « allée chercher avec les dents et ce fut difficile lorsque l’on connaît Bercy qui veut toujours raboter à la dernière seconde les ratios, les pourcentages et grignoter sur la dépense », estime Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).
Dans son communiqué, le Mouvement Hlm a toutefois regretté que le ministère du Logement ne soit pas un ministère de plein exercice et que la question de la rénovation urbaine ne soit plus mentionnée.
À l’occasion de son discours de politique générale, le 14 janvier, François Bayrou a estimé que le pays avait besoin « d’une politique du logement repensée et de grande ampleur ». Pour mettre en œuvre ce mouvement, le Premier ministre plaide pour « une réduction des délais et un allègement des demandes d’autorisation » en matière de construction. Il a également estimé qu’il fallait « favoriser la densification et faciliter les changements d’usage ». François Bayrou a enfin souhaité une relance volontariste de l’investissement locatif et de l’accession à la propriété.

