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CRÉER UNE DYNAMIQUE AUTOUR DES ÉLECTIONS PROFESSIONNELLES

Les élections professionnelles représentent une occasion idéale de rencontrer la direction et l’encadrement de l’entreprise. Les conseils de Richard Mourre, membre de la section CFE-CGC BTP Auvergne-Rhône-Alpes et développeur fédéral pour la région.

  1. Se concentrer sur les entreprises cibles

Le temps de préparation d’une campagne électorale est essentiel. La première étape consiste à sélectionner dans chaque région toutes les entreprises dans lesquelles nous avons une chance de renforcer notre représentativité syndicale. En nous appuyant sur le programme Omars 2, nous disposons d’un ensemble d’informations sur l’entreprise, notamment la date des prochaines élections professionnelles. Aujourd’hui, nous privilégions les petites et moyennes entreprises (de moins de 300 salariés). Dans ma région, en Auvergne-Rhône-Alpes, nous n’avons gardé que 4 des 24 entreprises ciblées au niveau national et nous allons essayer d’y créer une section CFECGC BTP.

  1. Rassurer la direction

Dans un grand nombre de PME, la direction (président, direction des ressources humaines, etc.), répond souvent qu’elle n’a  as besoin d’un autre syndicat dans son entreprise. C’est donc au développeur fédéral de la convaincre. Pour l’aider dans cette démarche proactive, la CFE-CGC BTP a préparé un argumentaire aux objections éventuelles de la direction. Celle-ci doit comprendre qu’il est de son intérêt de créer un contre-pouvoir par rapport aux autres organisations syndicales (OS), pour améliorer le dialogue social dans l’entreprise. Les représentants du personnel captent et relaient ce qui se dit sur le terrain. La direction peut donc mieux identifier les problématiques et les résoudre. De plus, en adoptant une attitude positive, elle peut montrer aux salariés qu’elle ne ferme pas la porte aux OS. Notre mission est de valoriser, motiver et sécuriser la direction, pour qu’elle nous aide à créer une section syndicale. C’est elle qui va nous permettre de rencontrer l’encadrement au sein de l’entreprise.

  1. Susciter les candidatures

À l’occasion de la réunion avec les salariés de l’encadrement, le développeur fédéral doit insister sur le positionnement catégoriel de la CFE-CGC, qui les représente, ainsi que les valeurs qui la caractérisent : un syndicalisme de proposition, qui s’appuie sur le dialogue et la co-construction. Tout aussi important, il doit leur montrer que la direction est ouverte au syndicalisme et qu’elle valide la création de cette section syndicale. De cette manière, les encadrants salariés s’engageront plus facilement, sans craindre d’être freinés dans leur évolution de carrière. L’objectif n’est pas tant d’obtenir leur adhésion, mais plutôt leur vote aux élections professionnelles.

  1. Mobiliser les salariés

Il faut rétablir un rapport de confiance avec les salariés de l’encadrement. Pour ce faire, il faut amorcer la dynamique au moins six mois avant les élections professionnelles. Durant cette période, il s’agit de les motiver et de les sécuriser en leur expliquant l’utilité de leur implication dans les instances pour faire avancer le dialogue social. Car la CFE-CGC pratique un syndicalisme qui accorde une grande place à ses militants de terrain. Les salariés engagés doivent se sentir épaulés par le syndicat, qui les forme et les accompagne. Surtout, et c’est le maître mot, les encadrants doivent se sentir soutenus par leur hiérarchie, afin d’œuvrer pour le bien du dialogue social et de l’entreprise.

Article publié dans Les Cahiers du BTP n°147 (Juin 2024)