À l’occasion du renouvellement de nombreux comités sociaux et économiques en entreprise, conseils pratiques aux sections syndicales et aux militants.
Comme tous les 4 ans environ, les personnels des entreprises de plus de 10 salariés sont appelés à élire leurs représentants qui siègeront dans les comités sociaux et économiques (CSE). Le nouveau cycle électoral et le renouvellement des CSE battent leur plein avec un pic attendu au deuxième semestre 2026 et une participation des salariés qui croît ces dernières années (58,8 % lors de la dernière mesure d’audience).
Du point de vue syndical, ce temps fort de la démocratie sociale est une échéance décisive pour disposer d’élus au CSE et ainsi peser dans les négociations (rémunération, conditions de travail, sécurité et santé au travail…) avec les directions. Réussir ces élections professionnelles ne s’improvise pas. En voici quelques règles d’or.
Anticiper et se préparer bien en amont
Comme le souligne Éric Labouré, délégué national CFE-CGC, « on ne prépare pas des élections trois mois avant le vote ; celles-ci doivent avoir été largement anticipées et cela débute quasiment dès le lendemain des résultats du précédent scrutin ». Notamment en se posant les bonnes questions, en déterminant les marges de progrès, en ayant une bonne perception du corps électoral.
Il s’agit aussi de bien avoir en tête le calendrier global de l’organisation des élections : information des salariés (J-90 avant le premier tour) et expiration des mandats, négociation du protocole d’accord pré-électoral (J-15 maximum), affichage des listes électorales (J-4 minimum), envoi du procès-verbal d’élections (CERFA) à l’issue du scrutin.
En amont du protocole d’accord pré-électoral (PAP), il convient de négocier le périmètre des élections. L’accord permet de définir le nombre et le périmètre des établissements distincts pour la mise en place d’un CSE, les modalités de mise en place de la commission santé, sécurité et conditions de travail (CCSCT) ou encore le nombre de représentants de proximité.
Négocier le protocole d’accord pré-électoral
Négocié entre l’employeur et les organisations syndicales de l’entreprise, le PAP est stratégique. Ce document est capital : il détermine le déroulement des élections, le nombre de salariés dans l’entreprise ou l’établissement, le nombre et la composition des collèges électoraux – la CFE-CGC présente des candidats sur les collèges 2 (techniciens et agents de maîtrise) et 3 pour les cadres (obligatoire si l’entreprise compte au moins 25 cadres) –, ainsi que les modalités du vote.
Cette négociation est fondamentale. On y découvre aussi les listes syndicales concurrentes, les éventuels transfuges de candidats ou candidates et les professions de foi.
Constituer ses listes de candidats
Respect de la représentation équilibrée femmes-hommes, ordre des candidatures, titulaires et suppléants, placement de tel ou tel candidat à des postes stratégiques : la construction des listes, pouvant mêler mandatés expérimentés et aspirants à un premier mandat, est une étape clé.
Au sein de la section, il revient au délégué syndical, en coordination avec le délégué syndical central, de bien cartographier les militants qui vont s’investir durant la campagne, les former le cas échéant. Pour aller chercher de nouveaux candidats, il faut donner envie d’intégrer une liste CFE-CGC BTP en faisant valoir ses spécificités et l’intérêt qu’ils ont à rejoindre la section en place dans l’entreprise.
Mener campagne au plus près du terrain
Le terrain, encore le terrain, toujours le terrain. Ce leitmotiv de l’action syndicale s’applique bien entendu plus que jamais dans le cadre d’une campagne électorale. Il faut occuper l’espace, aller à la rencontre des salariés toute l’année, être à leur écoute, et organiser des temps d’échange : réunions, cafés, assemblées générales.
Si chaque élection est spécifique (cultures d’entreprise, forces en présence, complexités locales), des intangibles demeurent. Mener une campagne efficace, c’est à la fois défendre son bilan, expliquer les positions qui ont été prises avec ou contre les directions lors de la dernière mandature, et faire valoir sa vision et son programme. C’est aussi prêter très attention à la transparence et l’utilisation des fonds, et à la gestion qui est faite par le CSE des activités sociales et culturelles (ASC).
Faire valoir la spécificité de la CFE-CGC BTP
Si les équipes syndicales font campagne pour tous les salariés de l’entreprise, il est important de faire valoir la spécificité catégorielle de la CFE-CGC BTP, syndicat de l’encadrement, auprès de nos populations et de celles qui, au cours de leurs carrières, passeront un jour agent de maîtrise ou cadre.
Soigner sa communication
Il faut parler des choses pratiques qui intéressent les salariés avec des messages courts, concis. Les opérations de notoriété (distributions de tracts, de goodies, de calendriers…) doivent être complétés par l’animation des réseaux sociaux, d’autant que dans bon nombre d’entreprises, il n’y a pas d’accord pour communiquer directement auprès des salariés.
-> Lire l’article complet de Mathieu Bahuet sur le site de la CFE-CGC
-> Consulter le mémo pratique « Élections CSE : 6 actions pour réussir »

