Adhérez

Découvrez 10 bonnes raisons d’adhérer à notre syndicat et rejoignez-nous en quelques clics

Baptême du feu pour le congé naissance

Cette nouvelle mesure pour redresser une natalité chancelante en France entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Les deux parents pourront y prétendre.

C’est l’une des pièces maîtresses du « réarmement démographique » de la France annoncé par Emmanuel Macron en 2024. Prévu pour 2025, retardé pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, le congé de naissance entrera en vigueur ce 1er juillet 2026.

Considéré comme une nouvelle mesure de soutien à la natalité, ce nouveau dispositif est un congé supplémentaire accordé à chacun des deux parents au moment de la naissance ou de l’adoption d’un enfant. Tous les parents d’un bébé né après le 1er janvier 2026 sont concernés. Même chose pour les parents qui auront adopté un enfant à partir de cette date.

D’une durée d’un ou deux mois selon le choix de chacun des parents, le congé de naissance pourra être pris simultanément ou en alternance. Il sera aussi possible de le fractionner en deux périodes d’un mois. Point important, il s’ajoutera aux congés maternité (16 semaines) et paternité (28 jours) déjà existants, ainsi qu’au congé d’adoption habituel (16 semaines).

En plus des salariés, les indépendants, les fonctionnaires, les contractuels du service public, les militaires, les non-salariés agricoles et les assurés des régimes spéciaux sont éligibles à ce nouveau congé. Pour les salariés comme pour les fonctionnaires, la rémunération sera dégressive : le montant sera d’environ 70 % de la rémunération nette le premier mois et de 60 % le second.

Renforcer l’égalité hommes-femmes

Le congé de naissance « va permettre de renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes » et « donner plus de temps aux familles pour concilier vie professionnelle et vie familiale », tout en « favorisant le bon développement de l’enfant dans ses premiers mois », avait souligné le gouvernement fin 2025.

L’idée est aussi d’infléchir une courbe de plus en plus inquiétante. Au premier trimestre de 2026, seuls 154 932 bébés ont vu le jour en France, soit 1,8 % de moins qu’en 2025 pour la même période. Le nombre de décès, lui, a atteint 174 024. Pour la première fois depuis la deuxième guette mondiale, le solde naturel du pays a été négatif en 2025. Tout indique qu’il en sera de même en 2026. Si, pour le moment, le taux de fécondité en France permet le renouvellement des générations, sa baisse est inquiétante. Il est tombé à 1,56 l’an dernier alors qu’il était encore proche de deux enfants par femme au début des années 2010.

Conçu comme une arme pour ralentir cette tendance, le congé de naissance ne suffira évidemment pas à lui seul pour y parvenir. Le gouvernement réfléchit aussi à une réforme du congé parental, de moins en moins utilisé. Aujourd’hui, il peut être pris jusqu’au trois ans de l’enfant et est indemnisé aux environs de 400 euros mensuels. L’une des pistes de réforme est de mettre en place un congé plus court mais mieux rémunéré.