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Les élus du personnel déplorent un dialogue social qui s’érode

Si l’utilité du CSE reste largement reconnue par les salariés et les employeurs, les représentants du personnel pointent un déficit d’écoute des directions.

Un dialogue social fragilisé mais des représentants des salariés qui demeurent déterminés dans un contexte économique dégradé. Tels sont les principaux enseignements du 8e Baromètre sur l’état des relations sociales en entreprise présenté par le cabinet Syndex avec l’Ifop

Une majorité de salariés (59 %, un chiffre au plus haut depuis la première mesure en 2021) déclarent ainsi se sentir bien représentés par leur conseil social et économique (CSE) et avoir une bonne image de l’instance (67 %).

Mais les représentants du personnel continuent, d’année en année, à se montrer plus critiques vis-à-vis du dialogue social, lui attribuant cette année une note de 5,1 sur 10 (contre 5,9 pour les salariés et 7,7 pour les employeurs), en recul depuis 3 ans.

Plusieurs indicateurs poursuivent leur érosion, en particulier l’absence de prise en compte des revendications et des avis des représentants du personnel (notée 4,7 sur 10, en recul de 0,4 sur un an), la transmission et la qualité de l’information (5,4 sur 10 ; -0,3), la confiance entre les participants (5,5, -0,3), la visibilité de l’agenda social (5,7 ; -0,1) et la capacité à produire des accords (5,7 ; -0,7 depuis 2 ans).

Interrogés sur leur manière de concevoir le dialogue social, les représentants des salariés (91 %) et les salariés (80 %) en appellent à un meilleur partage du pouvoir en entreprise entre l’employeur/actionnaire, le CSE, les représentants du personnel et les salariés. Ils souhaitent aussi que les salariés soient davantage consultés sur leur travail et la manière de l’exercer.

S’agissant de la conjoncture, si 65 % des représentants du personnel estiment bonne la situation économique de leur entreprise, il s’agit du plus faible score enregistré depuis 2018, confirmant un contexte économique dégradé (incertitudes politiques et économiques, croissance modérée, problématique de pouvoir d’achat, etc.). Une majorité de représentants du personnel (58 %) jugent leur direction « tendue » (contre 52 % en 2024) et « fermée » (52 % contre 48 %).

Encadré

LES PRIORITÉS

Concernant les sujets jugés prioritaires à traiter par le CSE, les représentants du personnel plébiscitent les risques psychosociaux (94 %) devant les conditions de travail (93 %), la sécurité au travail (85 %), puis le pouvoir d’achat, les rémunérations et le partage de la valeur (80 %).

Le Baromètre fait aussi état d’un recul des enjeux environnementaux, prioritaires pour seulement 28 % des représentants du personnel (contre 32 % il y a un an). À l’inverse, le développement de l’intelligence artificielle et son impact sur l’activité de l’entreprise est une thématique qui monte en puissance et jugée prioritaire pour 24 % des représentants du personnel (+8 points sur 1 an et +14 points sur 2 ans).

-> Lire l’article complet de Mathieu Bahuet sur le site de la Confédération