L’expert en charge du développement nommé par la direction du syndicat explique sur ses objectifs et sa stratégie.
Pourquoi vous a-t-on confié le rôle d’expert pour le développement syndical ?
Il y a quatre ans, Michel Delannoy, le président de la Fédération de la Construction, m’a sollicité pour devenir coordinateur fédéral en charge de l’utilisation d’OMARS, la base de données des résultats des élections professionnelles de tous les secteurs d’activité privée, qui est gérée par la confédération. J’étais chargé de former et accompagner les développeurs fédéraux et les délégués de terrain de la Fédération.
Lors du changement de gouvernance à la tête de la CFE-CGC BTP, Vincent Bogucki et son équipe ont souhaité nommer des experts dans diverses thématiques directement liées à la représentativité, un objectif prioritaire, et ils m’ont demandé d’être l’expert chargé du développement. Il y a un lien direct entre mes fonctions à la Fédération et ce rôle d’expert, pour lequel, je le rappelle, j’ai été nommé, et pas élu.
Quel est votre objectif majeur ?
Nous entrons dans le cycle 26-29, celui des prochaines élections professionnelles. Si dans les 4 ans qui viennent, on ne met pas un coup de collier pour aller dans les entreprises qui vont nous permettre de gagner du terrain, un jour ou l’autre, nous disparaîtrons de certains secteurs. L’objectif aujourd’hui est de mettre en place des outils et d’aider, par la pédagogie, les membres de la CFE-CGC BTP à faire du développement syndical.
Pendant ces quatre années, il est fondamental que la CFE-CGC BTP se mobilise au sein de ses sections régionales, professionnelles et entreprises, car il y a beaucoup d’endroits où nous ne sommes pas les premiers dans les secteurs cadres et où nous sommes plutôt à la peine sur la maîtrise et les TAM. Nous devons être présents sur les 4 IDCC (« Identifiant Des Conventions Collectives ») qui vont déterminer notre représentativité dans les entreprises contribuant au bâtiment. La construction est l’un des 4 piliers de la confédération : si on n’améliore pas notre représentativité, nous serons le pilier qui ne fait pas le job…
Il faut donc adopter un plan d’action, proposer des formations adaptées au terrain et pratiquer une communication opérationnelle adaptée au terrain. Cela passe par un travail étroit sur 5 thèmes : comment entrer dans les entreprises, comment négocier avec les RH, comment négocier un PAP, comment créer une section syndicale et comment accompagner les futurs candidats aux élections pros.
Comment avez-vous conçu vos premières actions ?
Chaque section va nommer un ou une chargé(e) de développement syndical, qui fera le lien avec notre stratégie de développement et contribuera à son déploiement. Et chaque début de Conseil, qu’il soit national ou en section, doit être consacré à cette thématique du développement syndical. Mais je pense qu’il faut renouveler le fonctionnement du syndicat, que je considère archaïque, parce qu’il est déconnecté des réalités du terrain : on demande à des élus de faire du développement mais on ne leur en donne pas les moyens, en matière de formation notamment, et on ne les a pas écoutés
Mon rôle consiste également à retisser ce lien en me déplaçant – parce que la visio ou le mail, ça ne fonctionne pas… –, pour commencer, dans les sections régionales. Je suis déjà allé voir les sections Occitanie et PACA (qui est celle à laquelle j’appartiens) et plus récemment en Nouvelle-Aquitaine. J’irai aussi en mars-avril à Lyon pour la région AURA, puis dans les Hauts-de-France avant l’été, et ainsi de suite. Je dois également rencontrer les sections professionnelles ou d’entreprise, parce mon action ne doit pas porter que sur les sections régionales.
La CFE-CGC BTP n’existe que parce qu’elle est représentative. Si on ne se bouge pas, on verra arriver d’autre syndicats dans le BTP, qui vont nous remplacer. Mais pour cela, il faut écouter le terrain, faire de la proximité. Il n’y a que ça qui paie : si tu es loin de ton électorat, tu n’existes plus.

