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Autoroutes, aéroports: la petite taxe qui monte…

Le gouvernement prévoit de porter de 600 millions à 1,5 milliard d’euros le montant de la taxe qui pèse sur l’exploitation des autoroutes et des aéroports. Les groupes concernés protestent.

Ce n’est pas tous les jours que l’on double – et même un peu plus – le produit d’une taxe. C’est pourtant ce qu’a annoncé, fin septembre, le gouvernement afin de récupérer auprès des exploitants d’autoroutes et des gestionnaires d’aéroports quelques précieuses dizaines de milliards d’euros destinées à colmater les brèches d’un budget qui fait eau de toute part.

Cette taxe sur les infrastructures de transport de longue distance avait été mise en place par la loi de finances pour 2024. Elle a été souvent présentée comme un moyen de mettre davantage à contribution les sociétés d’autoroutes, régulièrement pointées du doigt pour leur forte rentabilité. Son champ avait finalement été étendu aux grands aéroports. Elle ne concerne cependant pas l’ensemble des acteurs. Seules les entreprises dont les revenus tirés de l’exploitation d’une infrastructure de transport dépassent 120 millions d’euros par an et dont la rentabilité moyenne excède 10 % sur les sept derniers exercices sont concernées.

VINCI, Eiffage, ADP en première ligne

Parmi elles, on peut citer VINCI ou Eiffage pour les autoroutes, ADP pour les Aéroports de Paris, et les exploitants des Aéroports de Lyon, de Marseille-Provence et d’Aéroports de la Côte d’Azur, qui gère notamment Nice. Jusqu’ici, environ trois quarts des recettes de cette taxe proviennent des autoroutes et un quart des aéroports.

Le gouvernement rappelle que cet alourdissement de l’impôt ne pourra être répercuté sur les automobilistes, dans la mesure où les prix des péages sont encadrés. Les usagers des aéroports, eux, ne bénéficient pas de la même protection. Les exploitants peuvent en effet fixer librement leurs tarifs et donc potentiellement les augmenter en raison de la forte hausse de la taxe. Les recettes supplémentaires vont permettre à l’État d’investir dans les transports via notamment l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFIT France). Le réseau ferroviaire est particulièrement concerné, car il doit être largement modernisé.

Les sociétés concernées protestent, elles, contre cette mesure, arguant que la décision unilatérale de tripler le taux de la taxe menace leur équilibre financier tel qu’il est prévu dans leurs contrats de concessions. Pour VINCI, par exemple, la ponction représente quelque 280 millions d’euros avec un taux à 4,6 %. Lors de l’annonce du gouvernement, fin septembre, le cours des sociétés concernées a décroché