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La réindustrialisation, un combat qui reste à mener

L’année 2025 s’est soldée par une stabilisation du nombre d’ouvertures et de fermetures de sites industrie, mais les chiffres sont à relativiser et la situation est inquiétante.

50 % d’usines en moins en trente ans… Tel est le bilan de la désindustrialisation de la France, autrefois puissance industrielle majeure et dont l’industrie ne compte aujourd’hui que pour 10 % de son PIB. Après une relative embellie après le Covid-19, l’année 2025 s’est soldée par une stabilisation du nombre d’ouvertures et de fermetures de sites industriels, selon une étude de Bpifrance : 245 ouvertures, 244 fermetures !

Mais ces chiffres sont à relativiser. Les fermetures les plus nombreuses sont le fait de grandes entreprises et des ETI et PME, dans les industries conventionnelles et les biens de consommation, alors que les ouvertures sont réalisées par des start-ups (75 ouvertures, 34 fermetures) dans la tech et les industries vertes.

Pour l’instant, les conséquences sur l’emploi sont encore peu visibles. Globalement, les besoins en main d’œuvre de l’industrie française devraient augmenter de 24,8 % en 2026, selon France Travail, qui pointe un certain nombre de métiers industriels qualifiés en manque de candidats (soudeurs, ouvriers spécialisés dans la conduite d’équipements d’usinage, chaudronniers…). En outre la demande est portée par quelques grands projets industriels – 100 000 recrutements sont ainsi prévus dans le nucléaire d’ici 2035 –, ce qui peut masquer des situations plus tendues dans les industries traditionnelles et un certain nombre de territoires.

D’autant que la situation internationale, et en particulier la guerre en Iran et ses conséquences sur les prix de l’énergie et d’autres matières premières essentielles, fait entrer la France dans une nouvelle zone de fragilité économique.

Il ne faudrait pas que la détérioration de la conjoncture entraîne un nouveau phénomène de désindustrialisation. C’est pourquoi la CFE-CGC a décidé de signer la pétition lancée en avril dernier par plusieurs personnalités comme Arnaud Montebourg, Pierre Gattaz ou Jean-Louis Borloo, appelant à un référendum sur la protection de l’industrie française et qui a déjà rassemblé plus de 31 000 signatures. Ce référendum permettrait d’inscrire dans la Constitution une préférence française pour la commande publique et relancer l’industrialisation.

Dans le contexte actuel marqué par l’incertitude et les risques géopolitiques, il est indispensable que la République prenne les mesures nécessaires à la protection de son indépendance énergétique, industrielle, technologique, alimentaire et sanitaire.