À un an de la prochaine élection présidentielle, le Cercle de réflexion présente 20 chantiers pour atteindre la neutralité carbone en 2050 en France.
Malgré un contexte international peu favorable à la transition énergétique, Jean-Marc Jancovici ne baisse pas les bras. Quatre ans après un premier rapport intitulé « Plan de transformation de l’économie française », The Shift Project, le cercle de réflexion dirigé par l’ingénieur, a publié fin avril une nouvelle feuille de route de la décarbonation à l’intention des futurs candidats à l’élection présidentielle de 2027 (Proposer un plan pour une décarbonation française robuste aux aléas futurs, theshiftproject, Avril 2026).
Mais les temps ont changé. Si le rapport précédent misait sur une réduction de 5 % des émissions françaises de gaz à effet de serre en plaçant le pays sur une trajectoire soutenable de sortie des énergies fossiles, cette hypothèse n’a pas résisté à l’instabilité du contexte géopolitique mondial (guerre en Ukraine, élection d’un Donald Trump climato-sceptique à la Maison Blanche et maintenant guerre en Iran), qui a relégué au second plan les conséquences du dérèglement climatique. À preuve, la baisse des rejets carbonés a fortement ralenti en France, pour n’atteindre que -1,5 % en 2024 et en 2025.
Dans son nouveau travail, The Shift Project prend en compte cette nouvelle donne et l’instabilité qu’elle engendre. Mais la crise énergétique née du récent conflit au Moyen-Orient, conjuguée aux crises climatiques de plus en plus fréquentes, rendent encore plus cruciale une politique d’intensification de nos efforts pour décarboner notre pays. Un pays qui dépend encore à plus de 60 % des énergies fossiles, rappelle le cercle de réflexion.
L’équipe de Jean-Marc Jancovici affirme que la neutralité carbone est encore à notre portée en France d’ici à 2050 et ce en dépit des retards accumulés. Déploiement du vélo, multiplication par deux à trois de l’usage du train pour les passagers dans les vingt-cinq ans à venir, relance du fret ferroviaire, déploiement des camions électriques, installation massive de pompes à chaleur, ou encore baisse du cheptel bovin font partie de la vingtaine de chantiers identifiés par le think tank et à mener de front pour y parvenir.
L’électrification massive des équipements est la clef du succès. Elle passe notamment par l’intensification de la production nucléaire, avec la construction de nouveaux réacteurs, une stratégie déjà adoptée par le gouvernement. Mais pour augmenter de façon significative notre production d’électricité bas- carbone, il faudra aussi déployer davantage les infrastructures éoliennes et photovoltaïques souligne l’étude.
The Shift Project l’assure : ce plan a été conçu pour assurer sa robustesse face à de multiples scénarios susceptibles de le faire dérailler. Une mouture plus complète sera présentée en octobre prochain. Reste un aléa à ne pas négliger à un an de la présidentielle : l’engagement personnel du prochain Président élu en faveur d’une transition énergétique volontariste et ambitieuse.

