Le gouvernement prépare un arsenal de mesures pour endiguer l’hémorragie des dépenses d’indemnisation des arrêts de travail l’an dernier.
« Une courbe insoutenable. » Les mots employés le 27 mars par Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, pour qualifier l’envolée des indemnisations des arrêts maladie ne laisse guère de doutes sur les intentions du gouvernement : à l’heure où le déficit public se dégrade (5,1% du PIB pour 2025) et où les conséquences de la guerre en Iran nécessitent de trouver 6 milliards d’euros d’économies supplémentaires sur le train de vie de l’État et de la Sécurité sociale, les arrêts de travail se retrouvent à nouveau dans le viseur du gouvernement.
Le même jour, Sébastien Lecornu, a souligné « la dérive très préoccupante » de ces arrêts « sur le terrain budgétaire ». Et d’annoncer dans le même élan des propositions en avril pour tenter de colmater les brèches. En 2025, l’indemnisation des arrêts de travail a coûté à l’Assurance Maladie un peu plus de 12 milliards d’euros (hors accidents du travail et maladies professionnelles), soit une hausse de 2,5 % en un an selon des chiffres fournis par le ministère de la Santé.
Une dérive certes moins importante qu’en 2023 et 2024 (+6 %), mais qui s’inscrit dans un mouvement de forte progression depuis 2019. Si l’on y ajoute le coût des maladies professionnelles et des accidents du travail, la facture annuelle s’élève à 18 milliards d’euros en 2025.
Le poids grandissant des arrêts longs.
Pourquoi un tel dérapage ? L’Assurance Maladie met en avant des facteurs tels que le vieillissement de la population active en raison des réformes successives des retraites et les hausses des salaires sur lesquels sont indexés les indemnisations. Il reste que 40 % de la progression des dépenses s’explique par un recours plus fréquent aux arrêts de travail avec des durées plus longues. Or ce sont bien les arrêts longs qui représentent – et de loin – la charge la plus élevée pour la Sécurité sociale.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’apprête à prendre des décrets pour que les mesures votées dans le budget de la Sécurité sociale entrent en application. Le premier arrêt de travail prescrit ne pourra plus dépasser un mois et le renouvellement n’excédera pas deux mois. Ces évolutions ont été votées cet automne et doivent entrer en vigueur cet été ou à la rentrée 2026.
Le gouvernement compte aussi se pencher sur les arrêts de travail longs, ceux de plus d’un mois, afin de mieux détecter les abus, en analysant notamment les parcours de soins des patients et leurs prescriptions. Il entend traquer, par exemple, les patients qui jouent la carte du nomadisme médical, c’est-à-dire ceux qui vont voir cinq ou six praticiens différents pour multiplier les possibilités de se faire prescrire un arrêt.

