L’érosion de la croissance est ressentie avec acuité par le secteur de la construction, durement impacté par la chute des dépenses des ménages en biens immobiliers. Les entreprises envisagent donc de réduire leurs embauches de cadres.
Dans un contexte de ralentissement économique touchant l’ensemble de l’économie française, la confiance des acteurs économiques quant à l’évolution de leur activité ou de leur trésorerie est altérée. Il faut dire que le climat des affaires n’incite guère à l’optimisme, du moins à court terme.
« Les secteurs de la construction et de l’immobilier peinent encore plus que d’autres à voir le bout du tunnel, estime Christophe Lenzi, chef de Projet études à la direction des données et des études de l’Apec. Leurs perspectives 2024 ne sont guère encourageantes, avec notamment les dépenses des ménages en biens immobiliers qui devraient poursuivre leur érosion. »
Ces dépenses subissent la remontée des taux d’intérêt, impulsée par la Banque Centrale Européenne pour lutter contre l’inflation. Résultat : les mises en chantier recensées atteignent des niveaux historiquement bas et la crise du logement neuf devrait perdurer en 2024.
Cette situation anxiogène ne devrait pas être sans conséquences sur les recrutements de cadres dans la construction. En effet, seulement 3,2 % des entreprises du secteur ont l’intention d’embaucher au moins un cadre au cours du 1er trimestre 2024 contre 19,6 % dans l’industrie ou encore 13,6 % dans les services à forte valeur ajoutée (informatique, conseils, ingénierie-R&D, banque, assurances).
Cette baisse de tension se manifeste également au travers des offres d’emploi cadre publiées sur apec.fr. Elles ont chuté de 15 % au cours des 3 derniers mois par rapport à la même période l’an dernier.


