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LA LABORIEUSE ENTRÉE EN VIGUEUR DE LA RÉFORME DES RETRAITES

Christelle Thieffine, secrétaire nationale à la protection sociale de la CFE-CGC, a pointé l’impressionnante série de problèmes que pose une réforme censée s’appliquer depuis le 1er septembre.

Qu’attendre d’une réforme mal fagotée et mal préparée, sinon une mise en œuvre laborieuse ? Avec la réforme des retraites, nous ne sommes pas déçus. La secrétaire nationale à la protection sociale de la CFE-CGC, Christelle Thieffine, a pointé, dans une interview publiée sur le site de la centrale, l’impressionnante série de problèmes que pose une réforme censée s’appliquer depuis le 1er septembre : des décrets au compte-gouttes publiés en plein cœur de l’été, des textes et précisions encore en attente, des délais dans la mise en place de la clause de sauvegarde pour les carrières longues, avec un déficit manifeste d’information des salariés concernés. Quant aux pensions minimales et autres promesses du gouvernement, dont nous avons dénoncé tout l’argumentaire en son temps, il faudra attendre 2024. Tout cela, nous l’avions malheureusement anticipé.

En outre, la question de la liberté de gouvernance de l’Agirc-Arrco est à nouveau posée. Les organisations patronales et syndicales ont débuté, le 5 septembre, un nouveau cycle de négociations sur le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, pour fixer les orientations stratégiques et les règles d’ici 2026 et, notamment, la valeur d’achat et la valeur de service du point.

La situation du régime est favorable, avec 68 milliards d’euros de réserves. La réforme des retraites va fournir des recettes supplémentaires à l’Agirc-Arrco. Ces ressources, issues du travail supplémentaire des salariés, dû au report de l’âge de départ en retraite, doivent exclusivement bénéficier aux assurés actuels et futurs de la retraite complémentaire. Ce serait donc le moment de supprimer le coefficient de solidarité mis en œuvre en 2019. Le mécanisme n’a plus lieu d’être : si ce malus perdurait, ce serait une double peine pour les salariés qui subissent déjà un décalage de 62 à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite.

Pourtant, le gouvernement ne fait pas mystère de son intention de ponctionner les ressources supplémentaires de l’Agirc-Arrco tirées de la réforme des retraites, dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui a été présenté le 27 septembre. Ce serait une atteinte à la gouvernance autonome de l’Agirc-Arrco. Un épisode de plus dans ce long feuilleton d’incompréhension mutuelle entre le gouvernement et les syndicats concernant les retraites.