Dans moins de dix ans, un quart des Français aura plus de 65 ans et vers 2040, la population active aura entamé sa décrue. À cet horizon, finalement pas si lointain, la France sera confrontée aux conséquences économiques, financières, sociétales du vieillissement de sa population et naturellement, l’une des questions les plus épineuses à traiter sera celle du financement de la retraite.
Comme le souligne un récent travail de la société d’études économiques Xerfi, il n’existe que 4 solutions réelles pour aller vers l’équilibre financier des retraites :
– travailler plus longtemps ;
– baisser les pensions des retraités les plus aisés ;
– augmenter les cotisations et/ou la fiscalité ;
– diversifier les sources de financement en augmentant la part des retraites venant d’une forme de capitalisation.
Chacune de ces pistes est problématique et se heurte aujourd’hui à des oppositions farouches de la part des organisations syndicales ou patronales, selon les sujets. Mais les échéances se rapprochent et il faudra bien trouver des réponses qui ne trahissent pas notre modèle social.
La CFE-CGC est un ardent partisan de la retraite par répartition, qui est l’un des fondamentaux de notre contrat social. Mais si Les Cahiers du BTP ont choisi de traiter du sujet de l’épargne salariale, c’est parce qu’elle peut être une partie de la réponse, en particulier pour les personnels d’encadrement, défavorisés par le niveau du taux de remplacement de leur retraite par rapport aux autres catégories de salariés. L’épargne salariale, quels que soient les véhicules qu’elle emprunte, représente aujourd’hui plus de 220 milliards d’euros, dont environ 30 milliards au titre des Plans d’épargne retraite collectifs (PERcol) et concerne plus de 13 millions de salariés. En toute logique, ces dispositifs pourraient être encore élargis, car on ne voit pas pourquoi l’on ne pourrait pas faire un pas de plus dans cette direction pour le financement des retraites…
Mais pas dans n’importe quelles conditions ! La gestion de ces dispositifs ne peut être laissée à la seule initiative des employeurs. La Confédération comme la CFE-CGC BTP ont toujours été impliquées pour orienter la législation en faveur d’une épargne salariale garantissant des conditions optimales de sécurité et de justice et une orientation de l’épargne vers des options performantes, mais qui respectent aussi des valeurs sociales et environnementales. Le sujet de la gouvernance est également primordial.
Lors de la dernière négociation sur le partage de la valeur, la CFE-CGC a insisté sur la nécessité de plus de transparence concernant la politique de vote des conseils de surveillance des gestionnaires de fonds lors des assemblées générales. S’ils sont appelés à se développer, ces dispositifs doivent être mieux gouvernés, dans une approche paritaire. C’est la seule façon d’en faciliter l’acceptabilité face aux oppositions qui se manifestent systématiquement au développement de la retraite par capitalisation.
Vincent-Paul BOGUCKI
Président CFE-CGC BTP

