La CFE-CGC a échangé avec la première ministre

Comme toujours, la rencontre au sommet était préparée. Avant de recevoir à Matignon François Hommeril, président de la CFE-CGC, et Gérard Mardiné, secrétaire général, la Première ministre Elisabeth Borne avait exprimé son souhait de parler du pouvoir d’achat et des mesures prises en sa faveur par le gouvernement (prime énergie, minimas sociaux, revalorisation des retraites…)

Mais le dialogue, qui a duré une heure et quart, est allé beaucoup plus loin. Réindustrialisation de la France, financement de la recherche, revalorisation de la Fonction publique, partage de la valeur, absurdité de la réforme des retraites : la CFE-CGC a exposé les grandes lignes de son programme à une Première ministre concentrée, voire convaincue par les constats.

« C’est une personne que nous connaissons bien pour l’avoir beaucoup pratiquée lorsqu’elle était ministre du Travail, dit François Hommeril. L’entretien a été à l’image de nos relations habituelles : franc, ouvert, sans langue de bois. Il est clair que Mme Borne était demandeuse de ce contact et qu’elle souhaite instaurer avec les partenaires sociaux un vrai dialogue. Elle nous a d’ailleurs demandé de lui faire suivre nos propositions sur un certain nombre de dossiers.  »

Sujet qui fâche, la retraite n’a été abordée qu’à la fin. Elisabeth Borne a mis sur la table la position du gouvernement. François Hommeril et Gérard Mardiné ont rappelé leur opposition à ce que ce soient les salariés qui paient pour dégager des marges de manœuvre, quand dans le même temps le gouffre du CICE siphonne année après année des milliards d’euros et que la logique absolutiste pro-dividendes ventile les bénéfices dans les poches des actionnaires. « Ce sont toujours les mêmes qui sont sollicités pour payer et sous cet angle, entre autres points durs, la réforme des retraites ne sera pas possible », a posé François Hommeril.

Auparavant, la Première ministre avait commencé par parler de la situation sanitaire et du contexte géopolitique en employant deux maîtres-mots : tenir bon et rebondir. Tenir bon sur le pouvoir d’achat, la transition écologique, l’école. Ce qui a amené les représentants de la CFE-CGC à aborder la recherche et la réindustrialisation. « Nous avons eu un long échange sur le déficit de financement de la recherche (les fameux 20 milliards d’euros qui manquent chaque année), la fuite des cerveaux, le manque de postes, le développement de compétences de pointe, seul moyen pour tirer vers le haut l’activité économique. »

La CFE-CGC est extrêmement favorable à la réindustrialisation. « Mais pour qu’elle se combine bien avec la transition écologique, il faut un Etat stratège qui se dote d’infrastructures opérationnelles. Faute de plan d’envergure, le saupoudrage des aides continuera à creuser les déficits sans rien régler », a exposé François Hommeril.

Autre grand volet de l’entretien : le pouvoir exorbitant des actionnaires (cf. le premier chapitre de Restaurer la confiance) : « L’économie a déraillé, il faut la recentrer, remettre du contrôle sur les partenaires financiers », dit la CFE-CGC. Elisabeth Borne a objecté que la loi Pacte avait arrangé les choses. « Oui, c’est une marche, mais c’est un escalier qu’il nous faut gravir, a répondu le président de la CFE-CGC. Et toutes les rémunérations adventices (intéressement, prime Macron…) ne remplacent pas le salaire ! ».

La passerelle était ensuite tracée vers le constat de paupérisation de la Fonction publique par la non-revalorisation chronique du point d’indice. Pour François Hommeril, « c’est une immense injustice faite aux fonctionnaires depuis 20 ans. Les augmenter relève désormais du « quoi qu’il en coûte ».

Quant au Ségur de la Santé, que la Première ministre a rappelé comme un acquis, certes il a doté l’hôpital de 12 milliards d’euros, mais, au final, il n’a rien réglé : « L’organe qui pèse sur les structures hospitalières et qui leur inflige un management basé sur la réduction des coûts est toujours présent, rappelle François Hommeril. Il faut absolument le remettre en question, supprimer les ARS, redonner de l’autonomie aux soignants et aux administrations des centres de soin ».

Un assez large spectre en définitive, qui a permis aux deux parties de faire valoir ses positions. Reste à savoir de quelles marges de manœuvre disposera Elisabeth Borne, au moins sur les constats partagés.

Gilles Lockhart

Robotisation : un atout pour les entreprises et l’emploi

En France, la robotisation est habituellement vue comme une conséquence négative du progrès technique. En venant se substituer aux travailleurs, l’installation des robots se ferait au détriment de l’emploi. De récentes études montrent pourtant que la robotisation s’avère bénéfique pour l’emploi, pour l’industrie et plus généralement pour l’économie. Retour sur cette transformation qui est aujourd’hui au cœur des politiques industrielles.

QU’EST-CE QUE LA ROBOTISATION ?

La robotisation désigne le fait de recourir à un robot pour certaines tâches accomplies par des humains. Ce recours se fait essentiellement dans l’industrie (automobile, métallurgie, plasturgie, etc.) mais aussi dans le secteur de l’agriculture ou la santé. Les entreprises, plus particulièrement les industriels, sont de plus en plus nombreux à utiliser les nouvelles technologies afin d’automatiser leurs systèmes de production. On assiste même, grâce à l’intelligence artificielle (IA), à l’émergence de nouvelles formes de robots dits intelligents et aptes à travailler comme de véritables humains.

DYNAMISME INDUSTRIEL ET ROBOTISATION SONT FORTEMENT LIÉS

Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR pour International Federation of Robotics), en 2020, le stock opérationnel de robots dans le monde a atteint plus de 3 millions d’unités, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Le marché de la robotique a notamment profité de la crise sanitaire qui a fait prendre conscience aux entreprises qu’il était indispensable de repenser la gestion de leurs chaînes d’approvisionnement.

C’est en Asie que le marché de l’automatisation est le plus dynamique : 29 % des robots installés dans le monde sont localisés en Chine, 13 % au Japon et 12 % en Corée du Sud. La robotisation est aussi très présente en Allemagne et aux États-Unis (8 % et 10 % des installations mondiales en 2020).

Cette concentration au sein de forces industrielles de premier plan n’est pas un hasard. En effet, l’introduction de robots s’accompagne généralement d’un effet productivité important qui permet aux entreprises de produire à un coût plus faible. Ce faisant, elles peuvent, par rapport à leurs concurrents non robotisés, diminuer leur prix de vente ou augmenter leurs marges, ce qui contribue à accroître leur part de marché ou leur rentabilité. Dynamisme industriel et robotisation sont ainsi fortement liés.

OÙ SE SITUE LA FRANCE ?

En 2020, le marché européen de la robotique était dominé par l’Allemagne avec 22 302 robots vendus et un parc installé de 230 600 robots (+3 % par rapport à 2019). Avec 8 525 robots vendus et un parc de 78 200 robots (+5 %,) l’Italie arrive en seconde position. Vient ensuite la France avec 5 370 robots vendus et un parc de 44 800 robots (+ 7 %). Le marché français est le huitième au niveau mondial, tant au niveau des ventes de robots que du parc installé.

Ce retard s’explique par le déclassement industriel français : la part de l’industrie au sein de notre économie – historiquement le secteur où la demande de robots est la plus importante – n’a fait que baisser, réduisant mécaniquement l’ampleur de la robotisation de nos entreprises. Par ailleurs, le contexte socio-culturel n’est guère propice aux évolutions radicales et le robot reste synonyme de destruction d’emplois. Enfin, les PME françaises restent plus frileuses pour réaliser ces investissements assez lourds à court terme (coût moyen : 120 000 euros) et qui nécessitent une refonte de leur organisation.

L’IMPACT SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

La robotisation induit nécessairement une modification de l’organisation du travail dans les entreprises. En réalisant certaines tâches, le robot se substitue à des travailleurs mais crée aussi de nouveaux métiers et besoins : l’instauration d’un robot nécessite du personnel pour l’installer, l’entretenir, le régler, le superviser, etc. Selon la vieille idée schumpetérienne de la « destruction créatrice », il en résulte plus une transformation des emplois qu’une perte nette. Sur le long terme, la robotisation est favorable dans le sens où elle permet de créer de nouveaux emplois plus productifs. Une étude (« Robots and firms », des universitaires Michael Koch, Ilya Manuylov et Marcel Smolka) s’est attachée à comparer sur très long terme (18 ans) la trajectoire d’entreprises industrielles en distinguant celles « robotisées » de celles « non robotisées ». Le constat est clair : pour les premières, une augmentation de ses emplois de plus de 50 % contre une diminution de plus de 20 % pour les deuxièmes.

Ces changements doivent néanmoins s’accompagner en parallèle d’une vraie politique de formation et d’éducation afin de faire émerger et développer des compétences essentielles dans les secteurs liés au digital, au big data, à la robotique ou à l’IA.

UN MOYEN DE RELOCALISER LES ACTIVITÉS DE PRODUCTION

De récentes études (dont l’étude allemande menée par l’universitaire Steffen Kinkel et la chercheuse Angela Jäger) montrent qu’il existe une corrélation positive et significative entre l’utilisation des robots et la propension des entreprises à relocaliser leurs activités. Explication : les robots accroissent l’automatisation et la productivité des entreprises, ce qui rend l’arbitrage de la main-d’œuvre des pays à faible coûts moins attrayant et les économies d’échelle plus importantes.

En outre, les robots offrent davantage de flexibilité aux entreprises en adaptant la production aux besoins individualisés des clients. Ils peuvent en effet être reconfigurés rapidement pour accomplir de nouvelles gammes de tâches ou des tâches différentes. Enfin, en faisant bien souvent gagner en précision, la robotisation favorise la qualité des biens et des services, concourant à améliorer la compétitivité hors-prix des entreprises.

Loin d’être l’ennemie de l’emploi, la robotisation de l’économie s’avère au contraire un précieux levier pour gagner en compétitivité, relocaliser les activités de production et favoriser la création d’emplois. Elle doit donc être vue par les PME comme un outil innovant qui peut les aider à se développer et à gagner des parts de marché.

Louis Delbos

20 ans déjà ! le CIES toujours au cœur de l’épargne salariale

Le gratin de l’épargne salariale s’est retrouvé à la Cité de l’économie à Paris le vendredi 20 mai. Représentants de la CFE-CGC (Gérard Mardiné, secrétaire général de la Confédération, Raphaëlle Bertholon, secrétaire nationale à l’Economie), de la direction du Trésor, de l’Autorité des marchés financiers (AMF), de l’Association française de la gestion financière (AFG), de la Société française des analystes financiers (SFAF)… Devant une salle comble, plusieurs intervenants et deux tables-rondes ont décrypté le rôle du CIES dans le développement de l’épargne salariale, de l’actionnariat salarié et de l’investissement socialement responsable (ISR) en particulier.

Laure Delahousse, directrice générale adjointe de l’AFG, a quantifié « le saut en avant » : depuis 2004, le nombre d’entreprises où il y a de l’épargne salariale est passé de 100 000 à 360 000 et les actifs gérés de 60 à 170 milliards d’euros, total dont l’actionnariat salarié représente 40 % et l’épargne-retraite un quart. « Chaque année, on gagne 1 % de salariés concernés par l’épargne salariale », a-t-elle indiqué.

Si l’épargne salariale a grossi, elle a su garder ses fondamentaux : ouverte à tous, symbole du partage de la valeur, étroitement liée au dialogue social : c’est le premier thème des négociations en entreprise.

Le CIES labellise depuis 2002 des fonds ou des gammes de fonds d’épargne salariale qui respectent son cahier des charges. En 2021, un nouveau cahier des charges, avec des exigences sociales renforcées, a donné lieu à un appel d’offres auprès de sociétés de gestion.

Pour Frédérique Dejean, professeur en sciences de gestion à Paris Dauphine, « le marché de l’ISR ne serait pas ce qu’il est sans le levier qu’a représenté le label du CIES. Il a permis une structuration ». Quant à Martine Léonard, de la SFAF, elle a souligné à quel point le CIES a aidé les gestionnaires de fonds à aborder l’épargne salariale avec ses exigences « fortes, de bon niveau, bienveillantes, basées sur la co-construction ». Monde financier et monde syndical, chacun a testé ses idées auprès de l’autre avant de trouver, après quelques incompréhensions initiales, une voie qui a pu convenir à tout le monde.

Grégoire Cousté, délégué général du Forum pour l’Investissement Responsable, a rappelé le rôle essentiel des syndicats dans le décollage de l’épargne salariale : « Les travaux du FIR ont été guidés par cette partie prenante, constituante de l’entreprise, que sont les élus du personnel. »

Hélène Marcy, militante CFE-CGC chez Orange, a témoigné de la vitalité du sujet au sein du groupe de télécommunications dont les personnels détiennent près de 5 % des actions, constituant le second actionnaire après l’État, et dont le PERCO, avec un encours de plus de 3 milliards d’euros, est le premier de France.

Un débat nourri a porté sur la gouvernance, plus largement sur la nécessité de faire avancer la responsabilité sociale et environnementale des entreprises pour le bénéfice de l’épargne salariale : « Si l’on veut que les entreprises aient un comportement RSE vertueux et donc qu’elles attirent l’investissement des financiers sur le long terme, il faut que les salariés soient invités à leur gouvernance, a souligné Hélène Marcy. Ce sont eux qui savent ce qui se passe à l’intérieur des entreprises, ce qui fonctionne ou pas sur le plan opérationnel ; ce sont eux qui ont le plus souvent l’ancienneté et qui peuvent dire qu’elles seraient les bonnes évolutions. Tandis qu’un administrateur lambda peut se tromper sur les bons drivers… »

Gilles Lockhart

« Le pouvoir politique doit mieux considérer les syndicats »

Deux invités de marque étaient conviés jeudi 19 mai à Sciences Po Paris, rue des Saints-Pères, devant une promotion (professionnels RH, salariés en reconversion, militants syndicaux…) de l’executive master dialogue social et stratégie d’entreprise. Président de la CFE-CGC, François Hommeril et Marjorie Alexandre (secrétaire confédérale FO en charge de l’Europe) ont, durant 90 minutes, dressé un état des lieux du dialogue social et de ses perspectives à l’aube d’un nouveau quinquennat. Sous l’intitulé « Quelles sont les attentes syndicales après l’élection présidentielle », François Hommeril a profité de cette tribune pour livrer plusieurs messages forts dont nous reproduisons ci-dessous les principaux extraits.

PARCOURS PROFESSIONNEL ET MILITANT
« Ingénieur de formation, j’ai fait de la recherche au CNRS et passé un doctorat. Ma carrière a débuté en 1989 au sein du groupe Pechiney dans le centre de recherche à Gardanne (Bouches-du-Rhône), auquel j’appartiens toujours. Ce groupe industriel, qui a enchaîné les restructurations et changé d’actionnaires à de multiples reprises, illustre bien les conséquences de la financiarisation croissante du monde économique. »

« Au niveau syndical, j’ai adhéré à la CFE-CGC en 1990. J’ai été élu au comité d’entreprise puis au CCE d’Aluminium Pechiney. Ces premiers mandats m’ont fait découvrir toute la dimension sociale de l’entreprise. J’ai ensuite exercé des responsabilités confédérales comme secrétaire national à la formation puis à l’Europe et l’international, avant d’être élu président de la CFE-CGC en 2016, puis réélu en 2019. »

« LA CFE-CGC, UNE EXCEPTION CULTURELLE FRANÇAISE »
« La CFE-CGC est un syndicat unique au monde. Il n’existe nulle part ailleurs une organisation qui représente de la sorte les populations de l’encadrement – techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres – tout en agissant au niveau national interprofessionnel. C’est une exception culturelle française et j’en suis fier. D’autant plus que notre organisation est en progression significative depuis dix ans. »

ENCADREMENT, RESPONSABILITÉS ET REVENDICATIONS
« Quand on est cadre en responsabilité dans une entreprise, il faut déployer les décisions prises par les directions. Mais on a aussi le droit de revendiquer, d’émettre des jugements. À la CFE-CGC, nous ne sommes pas un auxiliaire du pouvoir, où qu’il soit. Chaque membre de l’encadrement, quelles que soient ses responsabilités, peut poser un jugement et le faire valoir sur le fonctionnement de l’entreprise et sur les orientations stratégiques prises par l’employeur. »

LA CFE-CGC ET LE NOUVEAU QUINQUENNAT
« Quelles sont mes attentes après l’élection présidentielle ? Pour être franc, je n’en attends pas grand-chose. On peut toujours avoir des bonnes surprises mais l’expérience, y compris ces cinq dernières années avec des épisodes malheureux comme les Ordonnances Macron ou la scandaleuse et populiste réforme de l’assurance chômage, nous apprend à être très prudent. Mon attente, ce serait que les gouvernants s’intéressent un peu moins aux modèles et un peu plus aux phénomènes. Qu’ils se préoccupent un peu plus des personnes, et moins des statistiques. La gestion exclusive par les coûts et la maximisation des profits conduit à une impasse. En entreprise, il faut mener une révision de la gouvernance et valoriser toutes les parties prenantes, en premier lieu le capital humain. »

« Toutes tendances politiques confondues depuis 30 ans, le pouvoir politique a progressivement rogné l’espace des organisations syndicales, en s’arrogeant l’entier développement des politiques publiques tout en se gardant bien d’en évaluer les résultats, à l’image récemment du compte personnel de formation (CPF), un dispositif d’une rare inefficacité. C’est grave et contraire à l’esprit de notre démocratie. Conformément à la loi Larcher de 2007 sur le dialogue social, il convient que le pouvoir politique ouvre des espaces et confie des mandats aux partenaires sociaux afin que ceux-ci exercent leurs responsabilités dans leurs champs de compétences, au service de notre modèle social. »

« Dans les entreprises, dans les branches et au niveau interprofessionnel, l’intelligence sociale de terrain relève des partenaires sociaux. J’espère que le nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne, que nous connaissons bien après ses passages dans divers ministères, saura revenir à la raison et avoir l’humilité de travailler correctement avec les organisations syndicales. Nous sommes en effet les porteurs d’une vérité de terrain qui angoisse les responsables politiques. » 

REDYNAMISER LE SYNDICALISME
« Parmi les nombreuses propositions formulées par la CFE-CGC (ndlr : voir le document de synthèse Restaurer la confiance » présenté le 5 avril dernier), nous proposons de réserver les bénéfices de négociations d’entreprises aux adhérents des syndicats représentatifs. Cela améliorerait la visibilité du travail des syndicats, tout en reconnaissant que ce n’est pas ancré dans la négociation collective en France. Rappelons également que, trop souvent encore, l’acte de se syndiquer reste considéré comme une agression envers l’entreprise. Rien n’a changé, c’est même pire qu’avant ! »

Salaires : la CFE-CGC indignée par les industriels de la pharmacie

Il en faut beaucoup pour que tous les syndicats représentatifs quittent comme un seul homme une table de négociation. C’est pourtant ce qui s’est produit le 12 mai dernier lors d’une réunion de la branche industrie pharmaceutique. Et les élus de la CFE-CGC se frottent encore les yeux devant l’attitude du patronat.

Le rendez-vous était prévu dans le cadre d’une clause de revoyure inscrite dans l’accord de novembre 2021 sur les salaires minimas conventionnels de la branche. Les organisations syndicales avaient sollicité, dès le mois de janvier 2022, une revalorisation de l’ensemble des salaires minima de la grille conventionnelle.

DES PROPOSITIONS PATRONALES INDÉCENTES

Après trois mois d’attente et en dépit de la bonne santé financière du secteur, la chambre patronale s’est contentée d’une proposition technique temporaire, bien en deçà de l’inflation, qui plus est sans négociation possible. À savoir :

  • Un premier groupe de salariés (sur les 11 de la grille conventionnelle, soit 0,5 % des effectifs de la branche) se verrait accorder 2,6 % d’augmentation, représentant un alignement technique sur le SMIC.
     
  • Deux groupes suivants (soit 13 % des salariés de la branche) recevraient une prime temporaire de 20 euros brut par mois, représentant 1 à 1,2 % du salaire.

« Suite à cette proposition indécente de revalorisation des minimas conventionnels déjà en-dessous du cours de l’inflation, l’ensemble des organisations syndicales en séance ont quitté la table des non-négociations et rédigé un communiqué commun », indique François Reyrolle, le négociateur de la CFE-CGC.

L’industrie pharmaceutique s’enrichit sur le dos des pouvoirs publics en n’assurant pas ses obligations sociales »

Les syndicats de la branche souhaitent alerter ainsi les pouvoirs publics. Ils sollicitent leur intervention pour rappeler aux entreprises du médicament leur responsabilité sociale et sociétale. « Ce secteur industriel, riche, doit être dénoncé pour ses comportements aussi peu respectueux de ses salariés que des citoyens français dans l’ensemble. Il s’enrichit sur le dos des pouvoirs publics en n’assurant pas ses obligations sociales, lesquelles ne risquent en aucun cas de mettre en péril les entreprises concernées », fustige François Reyrolle.

De son côté, Malik Gueye, président de la fédération Chimie CFE-CGC, tire la sonnette d’alarme socio-politique : « Si nous avons ce type de réponse dans toutes les branches, nous aurons du mal à empêcher les gilets jaunes de ressurgir… »

Autre élément qui frise peut-être l’intoxication : le représentant du LEEM (syndicat patronal de la pharmacie) n’a pas hésité à laisser entendre que le gouvernement envisageait de couper le gaz à des entreprises du médicament pour protéger de toutes coupures les foyers individuels.

« Fake news ou pas ? Il semble urgent d’interpeller le gouvernement sur ses intentions vis-à-vis de notre production de médicaments sur le territoire français, commente François Reyrolle, et de laisser le LEEM assumer ses déclarations, surtout si elles sont sans fondement, devant les partenaires sociaux… »

Gilles Lockhart

L’OIT brosse une fresque mondiale du dialogue social

Un panorama mondial de la négociation collective et des syndicats : c’est ce que vient de publier dans un rapport (consultable ici) l’Organisation internationale du travail (OIT). Nombre d’adhérents, comparaisons nationales, nouveaux enjeux, bilan social de la crise Covid : tout est passé au crible par les experts de Genève.

Sur le plan des effectifs, l’OIT constate que les syndicats sont « parmi les plus grandes organisations au monde à adhésion volontaire ». Ils représentent 195 millions de salariés actifs, 40 millions de retraités et de personnes au chômage, 16 millions de travailleurs indépendants. Le taux de syndicalisation global est de 16,8 % chez les salariés d’Europe occidentale (dont la France), nettement derrière les autres parties du globe : 33,1 % en Europe du Nord, 28,1 % en Afrique du Sud, 24,5 % en Europe de l’Est, 22,2 % en Europe du Sud, 20,7 % en Afrique du Nord, 18 % en Afrique occidentale et 17,8 % en Extrême-Orient.

LE RÔLE FONDAMENTAL DES CONVENTIONS COLLECTIVES DURANT LA CRISE COVID

Autre focus : les conventions collectives. « Dans 98 pays, plus d’un tiers des salariés voient leurs conditions de rémunération et de travail régies par une ou plusieurs conventions collectives », recense l’OIT. Ce taux de couverture va de 75 % des salariés dans de nombreux pays européens et en Uruguay à moins de 25 % dans environ la moitié des pays pour lesquels des données sont disponibles. L’importance des accords de branche est soulignée : dans 10 des 14 pays où les conventions collectives concernent plus de 75 % des salariés, cette couverture réglementaire est renforcée par des « mesures d’application collective » qui peuvent s’appliquer à toutes les entreprises d’un secteur.

Le rapport note que durant la crise du Covid, « les conventions collectives ont répondu à la nécessité d’assurer la continuité des services dans les soins de santé et l’aide sociale ». Elles ont joué dans de nombreux pays « un rôle important dans la mise en œuvre des mesures de maintien dans l’emploi patronnées par les pouvoirs publics : activité partielle, chômage partiel, subventions salariales, dispositifs de mise en congé. »

QUELS ENJEUX POUR LES SYNDICATS ?

Les experts de l’OIT listent par ailleurs les grands défis que doivent relever les organisations syndicales.

• Représentation des intérimaires, CDD, précaires
De nombreux syndicats en Europe, souligne l’OIT, ont entrepris des campagnes ciblant les travailleurs en CDD et en situation précaire : agents de sécurité en Allemagne, travailleurs de centres d’appels en Autriche, salariés de fast-foods et de centres commerciaux en France… Le syndicat allemand des métallurgistes, IG Metall, a lui lancé une campagne « Travail égal – Salaire égal » au cours de laquelle de nombreux intérimaires ont rejoint ses rangs.

• Représentation des travailleurs migrants
« Depuis 2000 environ, les syndicats de plusieurs pays d’Europe occidentale (Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni) sont devenus actifs dans la représentation et la défense des droits des travailleurs migrants », constate l’OIT. L’organisme cite une étude récente montrant que les travailleurs migrants en Europe ainsi que les migrants d’Europe de l’Est vers l’Europe occidentale placent un niveau élevé de confiance dans les syndicats de leur pays de destination, y compris ceux qui ont des opinions sceptiques sur les syndicats de leur pays d’origine.

• Représentation des travailleurs des plateformes
Les syndicats ont gagné des procès importants pour que les travailleurs des plateformes soient requalifiés en salariés. En décembre 2021, par exemple, la Cour suprême de l’Inde a examiné une requête déposée par un syndicat représentant 20 000 livreurs réclamant la sécurité sociale. En septembre 2021, IG Metall et des syndicats autrichiens et suédois ont persuadé neuf plateformes de signer un code de bonne conduite.

• Représentation des jeunes
« Les syndicats font face à une crise existentielle, cite l’OIT : soit ils recrutent de nouveaux jeunes membres en nombre considérable, soit dans quelques décennies ils n’existeront plus en tant qu’organisations de masse. » D’où toute une série d’initiatives figurant dans le rapport, comme aux États-Unis la coalition Young Workers United ; en Italie, le mouvement « San Precario » ; en Espagne « Juventud sin Futuro », un mouvement qui dénonce la situation précaire des jeunes.

Gilles Lockhart

Source
« Rapport 2022 sur le dialogue social » de l’OIT, sous-titré : « La négociation collective pour une reprise inclusive, durable et résiliente ».

La bonne cuisine de la CFE-CGC à La Grande Épicerie du Bon Marché

Olga Guérard a adhéré à la CFE-CGC en 2018. Responsable du Service à la clientèle de cette société du Groupe Bon Marché, lui-même filiale de LVMH, elle a créé la section du Syndicat National du Commerce de Détail et de la Distribution (SNCDD-CFE-CGC) juste avant les élections professionnelles de 2018. Cette section vient de performer lors du scrutin du 7 avril 2022, avec une représentativité de 90 % en catégoriel (contre 84 % en 2018) et de 15 % en global.

Derrière FO, très implantée de longue date chez les employés (52,4 % des voix du premier collège), la CFE-CGC compte désormais deux sièges de titulaires au comité social et économique (CSE) de la Grande Épicerie : celui d’Olga Guérard et celui d’Abdel Hakim Bourahla, un nouveau venu dans le syndicalisme qu’elle a convaincu de rejoindre la section et qui représente les agents de maîtrise.

En adhérant à la CFE-CGC, je voulais passer à la vitesse supérieure pour pouvoir porter la voix des managers »

Auparavant, Olga Guérard avait milité en indépendante. « C’est intéressant et formateur, admet-elle, mais on ne participe pas aux négociations et on manque de poids. Je voulais passer à la vitesse supérieure pour pouvoir porter la voix des managers. » Et ce dans le cadre d’une entreprise où le dialogue social est convenable. « La direction se montre globalement attentive à nos remarques », reconnaît la déléguée syndicale. Au cours des quatre années qui viennent de s’écouler, la CFE-CGC a ainsi pu négocier et signer un nouvel accord d’épargne salariale, améliorer la prise en compte des RTT pour les cadres ou encore les conditions pécuniaires du plan de départ anticipé ouvert lors de la crise Covid.

Un travail qui a porté ses fruits dans les urnes. « Mes collègues me connaissent bien désormais, avance-t-elle comme explication. Ils ont vu ce que nous avons pu apporter pendant 4 ans. Et si Abdel Hakim est venu nous rejoindre, c’est parce qu’on s’est retrouvé sur la nécessité de construire ensemble ! »

La Grande Épicerie du Bon Marché compte 83 cadres et agents de maîtrise sur 530 salariés. Elle déploie ses pâtisseries et produits de traiteurs faits maison, son épicerie fine, ses vins et spiritueux sur deux sites parisiens : l’emplacement historique de la rue de Sèvres, au rez-de-chaussée du grand magasin, et une antenne ouverte rue de Passy en 2017, où travaillent une centaine de salariés.

Gilles Lockhart
 

« La CFE-CGC a obtenu des avancées pour les salariés d’Amazon »

Pouvez-vous nous présenter la section CFE-CGC chez Amazon France ?

La section a été créée à mon initiative en 2014 quand je suis entré chez Amazon. Depuis, elle s’est bien développée et la CFE-CGC, porte-parole de l’encadrement, fait aujourd’hui partie des cinq organisations syndicales représentatives d’une entreprise qui compte en France huit sites logistiques employant 15 000 salariés dont une majorité d’employés, sachant que 3 000 nouveaux recrutements sont programmés cette année. À titre personnel, je travaille comme encadrant dans les équipes de nuit sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) et j’occupe plusieurs mandats dont celui d’élu au comité social et économique central (CSEC).

En 2019, Amazon a abandonné la convention collective du commerce et de la distribution au profit de celle du transport et de la logistique. Depuis cette date, la CFE-CGC Amazon, auparavant dans le giron de la Fédération nationale de l’encadrement du commerce et des services (FNECS), est rattachée au Syndicat national des activités du transport et du transit (SNATT) au sein de la Fédération CFE-CGC Transports.

Après une négociation houleuse, la CFE-CGC est la seule organisation syndicale à avoir signé, le 3 mai dernier, l’accord salarial prévoyant une augmentation générale de 3,5 %. Quel a été le cheminement des discussions ?

Il faut d’abord rappeler le contexte : à l’appel des cinq syndicats représentatifs (CFE-CGC, SUD, CGT, CFDT, CAT), l’ensemble des centres logistiques s’étaient mis simultanément en grève début avril face aux propositions de la direction, bloquées à 3 % alors que l’intersyndicale demandait, dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire (NAO), une hausse générale de 5 %. La CFE-CGC a appuyé ces revendications légitimes compte-tenu du contexte d’inflation et de la très bonne santé économique d’une entreprise qui se targue d’avoir réalisé 33 milliards de dollars de bénéfices l’an passé.

Lors des négociations, la direction a tout de suite coupé court à une hausse de 5 %. Mais elle a accepté le principe d’un treizième mois pour les agents de maîtrise RME (maintenance) ainsi que le passage au statut d’agent de maîtrise pour tous les techniciens informatiques, deux demandes portées depuis plusieurs années par la CFE-CGC. Après le mouvement social, la DRH est revenue vers les organisations syndicales avec une proposition d’augmentation de 3,5 %, laissant entendre que sans signature, une hausse de 3 % serait appliquée unilatéralement par l’employeur et que la mesure du 13e mois pour les agents de maîtrise RME ne serait pas appliquée.  

Après avoir discuté avec mes homologues des autres syndicats puis avec nos adhérents, j’ai indiqué que la CFE-CGC sera signataire de l’accord. Ce 13e mois est un véritable acquis pour des centaines de nos collègues, tout comme le passage au statut d’agent de maîtrise pour les techniciens. Par ailleurs, 3,5 % d’augmentation générale, ça reste mieux que 3 %. Au final, la signature de la seule CFE-CGC a permis plusieurs avancées pour les salariés et cela arrange bien les autres organisations syndicales. Chacun garde la face et l’unité syndicale est préservée ! C’est important car d’autre sujets importants sont à venir.

Il n’est pas normal qu’une entreprise comme Amazon, qui brasse des milliards, ne redistribue pas mieux les richesses créées »

Quels sont les prochains dossiers prioritaires ?

L’inflation, le pouvoir d’achat et un meilleur partage de la valeur vont rester des fils rouges sur lesquels nous reviendrons dès la rentrée de septembre. Il n’est pas normal qu’une entreprise comme Amazon, qui brasse des milliards et qui pèse 3 000 milliards de capitalisation boursière, ne redistribue pas mieux les richesses créées. Outre la revalorisation des chefs d’équipes, nous remonterons notamment au créneau pour améliorer le dispositif de participation versée aux salariés. Un exemple parmi d’autres : la prime mensuelle de déplacement est fixée chez nous à 16 euros, soit 8 litres d’essence. Quand vous savez que de très nombreux salariés doivent prendre la voiture et faire près de 100 kilomètres quotidiens pour venir travailler, c’est risible !

Par ailleurs, nous terminons actuellement une négociation sur la pénibilité. Mais le gros dossier à venir concerne le projet de la direction pour adapter les engins de manutention utilisés sur les sites, en remplaçant des engins « à conducteur porté » par des engins « à conducteur accompagnant ». Le sujet fait un tollé et suscite de grandes inquiétudes. Nous avons sollicité auprès du cabinet Progexa une expertise dont le rapport de 400 pages est accablant concernant les implications en termes de conditions de travail, de santé et de sécurité pour des salariés intervenant sur les quais des processus de flux entrants et sortants. En tant qu’entité CSEC, nous avons attaqué Amazon France avec un avocat pour bloquer ce projet qui s’apparente à un plan d’économies déguisé.

Propos recueillis par Mathieu Bahuet

Logistique : congestion sur l’axe des salaires

La dépêche AFP n’était pas tendre : « Négociations salariales dans la logistique : les syndicats claquent la porte ». Elle date du 21 avril 2022 et mentionnait que la CFE-CGC, en intersyndicale avec 4 autres organisations syndicales représentatives, avait quitté la table des négociations annuelles obligatoires (NAO) du secteur.

La raison de cette rupture ? Le refus des organisations patronales d’envisager la hausse demandée des minima de branche. Pour en savoir plus, nous avons interrogé trois élus du Syndicat National des Activités du Transport et du Transit (SNATT CFE-CGC) qui regroupe les salariés des entreprises concernées.

QUEL EST LE PÉRIMÈTRE CONCERNÉ ?

« Il s’agit de l’ensemble des entreprises de logistique et/ou de transport et logistique, mais pas celles qui ne font que du transport », explique Fabienne Vervoux, coordinatrice des instances paritaires du SNATT. Autre manière de les recenser : ce sont les entreprises représentées par les trois organisations patronales suivantes : Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF), Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR), Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE).

Cela représente 600 sociétés et 49 000 salariés, soit 6,5 % de la branche Transport qui en compte 755 000. 68 % des salariés de la logistique travaillent dans des entreprises de plus de 50 salariés. L’encadrement représente 16 % des effectifs (5 % de cadres,11 % d’agents de maîtrise).

POURQUOI LES NAO BLOQUENT-ELLES ?

Après trois réunions de négociation, les 2 février, 9 mars et 19 avril 2022, les entreprises du secteur campent sur une proposition d’augmentation de 3 % en linéaire des salaires conventionnels. Montant que les organisations syndicales jugent inacceptable.

Christian Meyer, responsable adjoint de l’Union professionnelle logistique au SNATT et négociateur de branche, souligne que cette proposition s’applique sur des rémunérations de base assez modestes : « Le premier coefficient des agents de maîtrise correspond à un salaire mensuel brut de 1786 euros à l’embauche, et ce chiffre est de 2696 euros pour les cadres. »

À cela s’ajoute le fait que les NAO 2020, conclues sur un accord de + 2,6 % en linéaire, n’étaient applicables qu’à compter de novembre 2020. Quant aux NAO l’année dernière, l’accord du 21 mai 2021 ne prévoyait qu’une augmentation de 1 % en linéaire, et il n’est toujours pas étendu, un an plus tard. Un sacré retard à l’allumage !

QUELLE EST LA POSITION DU SNATT CFE-CGC ?

« La proposition de 3 % est nettement insuffisante du fait des niveaux des salaires conventionnels et de l’inflation galopante. Nous demandons aussi l’extension de la grille d’ancienneté à 20 et 25 ans (actuellement 15 ans maximum) », précise Christian Meyer. Autre revendication : une augmentation de 10 % dès cette année pour arriver progressivement sur plusieurs années à un plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS) de salaire minimum pour les cadres à l’embauche, soit 3428 euros à date.

OÙ EN EST LA SITUATION DÉBUT MAI ?

« À ce jour (6 mai, NDR), nous n’avons pas de nouvelles des organisations patronales, indique Jean Pierre Dos Santos, co-Responsable de l’Union professionnelle logistique au SNATT et négociateur de branche, lui aussi. La participation aux négociations en cours, comme celle qui porte sur les classifications, est suspendue par l’ensemble des organisations syndicales dans l’attente de la reprise des NAO. Une prochaine date de réunion est fixée le 18 mai 2021, mais le SNATT, comme les autres OS, ne s’y rendra que si les organisations patronales annoncent avoir de nouvelles propositions à mettre sur la table. »

QUE FAUT-IL SAVOIR DE PLUS ?

Une charte des métiers en tension a été signée le 7 février 2022 par l’ensemble des acteurs paritaires de la branche en présence de plusieurs ministres. Elle vise à développer l’orientation des jeunes vers les métiers du transport, à favoriser l’attractivité des métiers, les recrutements, la qualité des emplois, les compétences, les formations, etc.

« Son élaboration a demandé beaucoup de temps et d’investissement à l’ensemble des acteurs de la branche, remarque Fabienne Vervoux. Pour autant, les intentions affichées par le patronat ne se concrétisent absolument pas dans les négociations de branche, pour preuve les NAO dans la logistique. Nous craignons que cette charte ne serve qu’à « caler les meubles » et nous serons très vigilants sur le suivi. »

Gilles Lockhart