Salaires 2022 : les 10 constats de l’étude Syndex

L’étude Syndex analyse 63 procès-verbaux de négociations salariales obligatoires (NAO) conclues en 2022, dont 58 entérinent un accord entre organisations syndicales et employeurs et cinq un désaccord donnant lieu à une décision unilatérale de l’employeur. S’y ajoutent les résultats d’un questionnaire en ligne ouvert en octobre-novembre 2022, rempli par 387 répondants dont 44 % de délégués syndicaux et 38 % d’élus de CSE sur une liste syndicale, salariés à 88 % du secteur privé.

1/ Retour des augmentations générales de salaire

90 % des accords d’entreprise analysés prévoient des augmentations générales qui se situent entre 2 et 2,5 %. Les enveloppes distribuées s’échelonnent en moyenne entre 2,14 % pour les cadres et 2,41 % pour les employés. Un tiers des PV prévoient en outre un montant minimum plancher d’augmentation, de 50 € en moyenne.

2/ L’individualisation reste forte

Deux tiers des accords analysés intègrent le principe d’augmentations individuelles, à un taux moyen de 1 % à 2,5 % selon les catégories socioprofessionnelles. Elles sont l’outil d’aug­mentation du salaire le plus fréquemment accordé aux cadres et s’ajoutent le plus souvent à des me­sures d’augmentation générale.

3/ Elargissement à des éléments périphériques de rémunération

Un accord sur 4 prévoit des dispositions relatives aux déplacements professionnels (indemnités de transport indi­viduel, mobilité durable, indemnités kilométriques…) et un sur 4 également des mesures relatives à la restauration des salariés comme la revalorisation des tickets restaurant.

4/ Importance de la prime de valeur – hors accord

La prime de partage de la valeur est la mesure de revalorisation des périphériques de rémunération la plus fréquemment octroyée, même si elle n’apparaît que dans 10 % des accords pour être majoritairement accordée en dehors de la négociation sur les rémunérations. Les PV montrent que 100 % des sala­riés en sont bénéficiaires lorsqu’elle est accordée.

5/ Des négociations uniques dans la plupart des cas

77,3 % des réponses concernent une seule négociation au cours de l’année. Lorsqu’il y a eu deux périodes de négocia­tion, les primes de partage de la valeur, les mesures relatives aux coûts de restauration et de déplacements et les augmentations générales des salaires sont plus fréquemment citées dans les dispositions obtenues.

6/ Insatisfaction de la majorité des répondants

Une majorité des répon­dants s’avère insatisfaite des négocia­tions menées. Quand un seul accord a été signé en 2022, 34,1 % n’en sont pas satisfaits « du tout » ; 28,4 % « plutôt pas » ; 22,2 % « oui plutôt » et seulement 1,3 % « oui tout à fait ». L’insatisfaction diminue pour les salariés ayant bénéficié de deux périodes de négociation : ils ne sont plus que 24 % à se dire « pas du tout » satisfaits et 24 % « plutôt pas ».

7/ Inflation pas assez prise en compte

Plus de la moitié des répondants considèrent que les conséquences de l’inflation ne sont pas assez prises en compte dans les négociations. Le taux d’insatisfaction diminue de moitié pour ceux ayant bénéficié de deux périodes de négociation.

8/ Près de 10 % des salariés n’ont rien obtenu

9,8 % des répondants indiquent qu’aucune mesure d’augmen­tation de salaire (générale, individuelle ou plancher) n’a été accor­dée dans leur entreprise, quelle que soit la catégorie socio-professionnelle. 31 % affirment que les salariés de leur entre­prise n’ont pas bénéficié d’une revalorisation des éléments de rémunéra­tion dits périphériques.

9/ Les priorités pour 2023

Plus de 80 % des salariés ont demandé à leurs représentants de se concentrer sur des mesures contrebalançant l’inflation. Plus de 70 % des élus interrogés ont identifié les augmentations générales comme étant la mesure prioritaire pour 2023. Viennent ensuite les mesures planchers pour les plus bas salaires, la prime de partage de la valeur et les augmentations individuelles.

10/ Les conseils de Syndex

Pour les négociations en cours ou à venir, Syndex attire l’attention sur les points suivants :

  • Les primes (ponctuelles) ne doivent pas se substituer aux augmentations (pérennes) ;
     
  • Demander que les accords incluent la possibilité de rouvrir des négociations en cours d’année en fonction de l’évolution de l’inflation ;
     
  • Négocier la rétroactivité au 1er janvier des mesures prévues ;
     
  • Elargir le débat aux éléments périphériques de la rémunération.

Gilles Lockhart