Les cadres plébiscitent le télétravail, selon l’Apec

Part des cadres qui estiment que le télétravail a un impact positif sur leur bien-être : 70 %. Part des cadres réticents à rejoindre une entreprise ne proposant pas de télétravail : 53 %, en hausse de 6 points sur un an. Ces deux chiffres, issus d’une étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée le 20 décembre 2022, actent la révolution du travail en France.

Un phénomène dont les entreprises prennent lentement conscience, selon l’Apec. Alors que 22 % d’entre elles estimaient en 2021 que ne pas proposer de télétravail constituait un frein au recrutement de cadres, elles sont désormais 33 % à le penser. Les avis diffèrent encore assez fortement entre les grandes entreprises, qui partagent très majoritairement cette opinion (64 %), et les PME (33 %) et TPE (32 %), qui demeurent une minorité à le penser.

TÉLÉTRAVAIL ET QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL ÉTROITEMENT ASSOCIÉS

Dans les offres d’emploi cadre, les entreprises mentionnent davantage les possibilités de télétravail que par le passé : plus d’une offre d’emploi sur quatre publiée sur le site internet apec.fr précise aujourd’hui le rythme possible de télétravail, contre moins d’une sur vingt début 2021.

Toutefois, elles privilégient encore souvent le fait d’en parler lors des entretiens, comme s’il s’agissait d’une option concédée aux candidats, susceptible d’influencer leur décision dans un marché en forte tension, plutôt que comme un élément constitutif du job. De leur côté, plus d’un quart des cadres n’hésitent pas, lors d’un processus de recrutement, à négocier le nombre de jours de télétravail.

Le télétravail (voir ici le mémo pratique CFE-CGC) est par ailleurs désormais étroitement associé au thème de la qualité de vie au travail. Certes, il ne résout pas le sujet de la charge de travail : 55 % des cadres se disent toujours confrontés de manière occasionnelle ou répétée à une charge de travail insurmontable. Le dispositif ne répond pas non plus complètement à leurs attentes, de plus en plus fortes, en matière de flexibilité ou de convivialité. Mais il est perçu comme le deuxième levier le plus important, après l’évolution professionnelle, pour améliorer la relation avec leur entreprise.

Gilles Lockhart