Fonderie de Bretagne : la CFE-CGC appelle Renault au dialogue

Le feu couve à Caudan (Morbihan), siège de la Fonderie de Bretagne, propriété de Renault depuis 2009. À l’initiative de la CGT, majoritaire, l’usine, qui fabrique des bras de suspension, des collecteurs, de coudes d’échappement et des différentiels de boîte de vitesse, est en effet bloquée depuis plusieurs semaines. La conséquence de l’annonce, le 11 mars dernier par le groupe automobile, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, de la mise en vente de l’entreprise. Motif invoqué par Renault aux organisations syndicales : la baisse d’activité et un chiffre d’affaires en recul ces dernières années.

L’annonce a mis le feu aux poudres avec, outre le blocage de l’usine et la séquestration temporaire du comité de direction par la CGT, plusieurs manifestations durant le printemps dont la dernière en date à proximité de Lorient, le 29 mai.

Premier syndicat de l’encadrement dans l’entreprise, la CFE-CGC déplore ce climat délétère. « Nos élus et nos adhérents ne peuvent plus se rendre sur place depuis le blocage de l’usine et certains ont fait l’objet de menaces physiques, devant être placés sous protection policière, ce qui est inadmissible, témoigne Christian Belmont, président du Syndicat de la Métallurgie Bretagne (SMB CFE-CGC).

Travailler en faveur d’un projet porteur d’espoir, d’emploi et d’avenir pour notre bassin » (Christian Belmont, CFE-CGC)

Dans ce contexte, la priorité est désormais à l’apaisement, au dialogue et à la recherche de solutions pérennes. « Depuis cette annonce brutale selon laquelle la Fonderie de Bretagne (FDB) n’a pas vocation à rester dans le groupe Renault, la CFE-CGC n’a eu de cesse d’adopter une démarche constructive et responsable, lors de la revue stratégique ou dans la recherche volontaire d’un repreneur. Ces dernières années, les salariés de la FDB se sont déjà fortement mobilisés pour améliorer la rentabilité du site de Caudan et tout ce travail doit permettre de pérenniser le site. Pour la CFE-CGC, l’avenir de l’entreprise et des 350 salariés passe d’abord par le retour du dialogue. Renault doit prendre l’engagement d’accompagner les pistes pour développer les activités et pérenniser les emplois, dans ou hors de son périmètre. Nous devons travailler en faveur d’un projet porteur d’espoir, d’emploi et d’avenir pour notre bassin. »

Alors qu’un médiateur a été désigné pour essayer de débloquer la situation, la CFE-CGC, qui sollicite par ailleurs l’implication des élus politiques locaux, propose que Renault, associé à un partenaire industriel reconnu, reste majoritaire au capital de l’entreprise, et que le groupe finance – totalement ou partiellement – les investissements de modernisation ou de diversification nécessaires au développement de l’activité du site : optimisations des lits de fusion (approvisionnements matières premières et composition de la fonte), nouvelle noyauteuse ou nouveaux fours permettant de limiter l’empreinte carbone.

« Renault doit par ailleurs se comporter en client responsable, en assurant le volume d’activité en cohérence avec le projet industriel, la diversification devant être un complément aux volumes majoritaires de Renault », ajoute Christian Belmont.

Mathieu Bahuet